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DEUX REPAS DE NOCES

Charles Bovary et Emma Rouault (Flaubert, Madame Bovary, 1857, chapitre IV)

"...C'était sous le hangar de la charreterie que la table était dressée. Il y avait dessus quatre aloyaux, six fricassées de poulet, du veau à la casserole, trois gigots et, au milieu, un joli cochon de lait rôti, flanqué de quatre andouilles à l'oseille. Aux angles, se dressait l'eau de vie, dans des carafes. Le cidre doux en bouteilles poussait sa mousse épaisse autour des bouchons, et tous les verres, d'avance, avaient été remplis de vin jusqu'au bord. De grands plats de crème jaune, qui flottaient d'eux-mêmes au moindre choc de la table, présentaient, dessinés sur leur surface, les chiffres des nouveaux époux en arabesques de nonpareille*. On avait été chercher un pâtissier à Yvetot, pour les tourtes et les nougats. Comme il débutait dans le pays, il avait soigné les choses; et il apporta, lui-même, au dessert, une pièce montée qui fit pousser des cris. A la base, d'abord, c'était un carré de carton bleu figurant un temple avec portiques, colonnades et statuettes de stuc tout autour...
...Jusqu'au soir on mangea...

(Madame Bovary, chapitre IV)

* Nonpareille : "Sorte de dragée fort menue. La nonpareille de Verdun" (B.Dupiney de Vorepierre: Dictionnaire Français Illustré et Encyclopédie Universelle - 1868)

 

"Buteau" Fouan et Lise Mouche (Zola, La Terre, 1887, chapitre VII)

"...Déjà les cuillers tapaient ferme au fond des assiettes. La soupe était froide, couverte d'yeux de graisse qui se figeaient...Alors ce fut un massacre, un engloutissement: les poulets, les lapins, les viandes défilèrent, disparurent au milieu d'un terrible bruit de mâchoires. Très sobres chez eux, ils se crevaient d'indigestion chez les autres. La Grande ne parlait pas pour manger davantage, allant son train d'un broiement continu... Lorsqu'on apporta la tourte, large comme une roue de charrue, il y eut un recueillement, les godiveaux impressionnaient..."