RETOUR SOMMAIRE

RETOUR VERS "SI VOUS VOULEZ EN SAVOIR PLUS"

 

BIBLIOTHEQUE DES CHEMINS DE FER

 

" Le puissant libraire de l'Université, M. Hachette, a réalisé le problème de la lecture à la vapeur, par sa Bibliothèque des Chemins de Fer déjà si riche et si variée. Elle se composera d'environ cinq cents ouvrages, dont cent cinquante ont paru et plus de deux cents sont sous presse. Occuper agréablement les loisirs forcés des voyageurs, leur fournir des renseignements exacts et complets sur tout ce qui peut les intéresser en route ; les AMUSER HONNETEMENT et leur ETRE UTILE, voilà le but et la devise de cette collection. Ses nombreux volumes sont rédigés exprès, ou tirés des meilleurs auteurs. Chacun d'eux forme un ensemble à part, et peut s'acheter isolément. Ils sont tous imprimés dans un format portatif et commode, en caractères très lisibles, même pour les yeux les plus délicats. Le touriste les place facilement dans sa poche ou dans son sac de voyage. Enfin, pour lui éviter tout embarras, les feuilles sont coupées d'avance, raffinement de prévenance inouï.

La Bibliothèque comprend sept séries : guides-cicerone, - histoire et voyages ; - littérature française, id. ancienne et étrangère ; - agriculture et industrie ; livres illustrés pour les enfants (les enfants voyagent aussi), et ouvrages divers. Nous avons remarqué ; parmi les Guides, ceux de Strasbourg et du Rhin par M. Fréd. Bernard, de Nantes, par Moréli ; du centre de la France par A. Achard ; de la Belgique, par Mornand ; de Londres, illustré par Daubigny ; - parmi les Histoires et Voyages, Jeanne d'Arc et Louis XI, par Michelet ; Fénelon, Guttemberg, Christophe Colomb, etc. par Lamartine ; Richelieu et Mazarin par H. Corne ; Pie IX, par Saint-Hermel ; Louis XIV, par Saint-Simon ; Guillaume le Conquérant par Guizot ; Napoléon I°, par Las-Cases ; l'Algérie par le Général Daumas ; la Russie, par Léonzon-Leduc, notre collaborateur ; la Californie, par Auger ; le Spitzberg, par Mme d'Aulnet (voyage extrêmement curieux) ; parmi les Littératures françaises et étrangères, les chefs-d'œuvre de Chateaubriand, de Lamartine, de Balzac, de Soulié, de Bernardin de Saint-Pierre, de Regnard, de Florian, de Beaumarchais, de Zscohkle, de Cervantes, de Dickens, de Walter Scott, de Sterne, de Gogol, etc. ; - parmi les livres d'agriculture et d'industrie, les Substances alimentaires par Payen ; la Médecine domestique, par Beaugrand ; la Télégraphie électrique, le Jardinage, les Chemins de fer, etc. ; - parmi les livres d'enfants, Berquin, Perrault, d'Aulnay, Genlis, Edgeworth, Fénelon, Swift, etc. - parmi les ouvrages divers, les Anecdotes des faiseurs de mémoires ; la Chasse, par Lavallée ; les Cartes, par P. Boileau ; le Sport et le Turf, par Chapus, etc.

Il va sans dire que toutes ces publications sont à un bon marché extrême pour leur élégance, à 1, 2 et 3 fr., au plus. C'est l'application matérielle de la parole de Cicéron : " Les belles-lettres nous suivent partout, à la ville, à la campagne, à l'étranger. " Le libraire de l'Université ne devait pas moins à son siècle - mais il a oublié Cicéron dans sa Bibliothèque. C'est une réparation à faire au plus tôt. Nous signalons même à M. Hachette les mots ci-dessus comme épigraphe à sa collection. "

Pitre-Chevalier
Musée des Familles, Janvier 1855

 

Pitre-Chevalier était le rédacteur en chef de cette publication mensuelle à laquelle a collaboré, entre autres, Anatole de Ségur.

 Dans la collection pour enfant qui allait devenir la Bibliothèque Rose, il n'y a pas encore d'ouvrages de la Comtesse de Ségur. Le premier, "Nouveaux Contes de Fées" ne sera publié qu'en 1857.

Voici quelques précisions apportées par Jérôme HACHETTE, (arrière-arrière petit-fils de Louis Hachette):

"Je sais que Louis Hachette tenait à ce que le prix de vente soit le plus bas possible pour que ses ouvrages soient à la portée du plus grand nombre de voyageurs ce qui l'avait conduit à renégocier les droits avec les auteurs (puisque c'était tous des rééditions brochées des tirages d'origine reliés) en faisant valoir qu'en compensation de leur sacrifice, ils bénéficiaient de gros tirages populaires. En fait ces ouvrages étaient, dans l'esprit de Louis, l'ancêtre du Livre de Poche.

Mon arrière-arrière grand-père trouvait toujours les prix de revient trop élevés. Il voulait que ses livres profitent à chaque français même les plus démunis.

Pour ce faire il lui fallait sortir ses éditions aux prix les plus bas possibles. A cette époque le pouvoir d'achat était faible et ne progressait guère pour la plupart des citoyens: pour vendre plus il fallait vendre moins cher ce qui n'était pas facile puisqu'il n'était pas question de décentraliser la production dans des pays à main d'oeuvre moins coûteuse.... comme cela se pratique aujourd'hui! "

Pour en savoir plus sur Louis Hachette, visitez: Louis Hachette et ses descendants

l